Ce qu’ont rapporté vos placements au premier semestre 2009
Baisse de rendement pour les actions, les bons du Trésor et les obligations.
Les OPCVM obligations moyen et long terme, actions et diversifiés voient leur performance moyenne marquer le pas.
La rémunération des produits «vie» baisse, le livret d’épargne stagne et les comptes sur carnet s’améliorent.
Bourse : Moins de performance mais plus de rendement de dividende
Semestre sous haute tension pour la Bourse. En plus d’avoir divisé sa performance par deux par comparaison à la même période de l’année passée (le Masi a progressé de 5,50% au 1er semestre 2009 contre près de 12% sur les 6 premiers mois de 2008), la place casablancaise aura chuté par moments à des niveaux inédits. Les seules 5 premières séances de 2009 auront vu à ce titre l’indice de toutes les valeurs se déprécier de 14,4% ! Heureusement, ce départ en catastrophe a laissé place à une évolution plus favorable par la suite. Cela n’a toutefois pas empêché la performance de la Bourse de s’inscrire à la baisse à l’issue du 1er trimestre. Ce n’est qu’en avril et mai que des rebonds successifs ont permis de ramener la performance de l’indice depuis le début de l’année dans le vert.?Mais, depuis, et bien que le mois de juin se soit clairement inscrit à la hausse, aucune tendance affirmée ne se dessine pour la place casablancaise. Un état de fait que les opérateurs lient au climat d’attentisme qui règne sur la Bourse et qui a été nourri par des réalisations annuelles mitigées pour les sociétés cotées et par la dégradation de certains chiffres macroéconomiques. Cependant, déduire de cette morosité que l’investissement boursier a perdu tout son attrait serait un raccourci vite pris. D’abord, parce que la correction amorcée en 2008 et qui a concerné le début 2009 a fait qu’actuellement le marché dans sa globalité a été ramené à un niveau de valorisation correct.?Ensuite, des opportunités d’investissement, notamment des valeurs qui sont sous-évaluées, existent toujours.?Le comportement de certains titres sur le 1er semestre le prouve bien. Pour ne citer qu’eux, CTM, Aluminium du Maroc et SMI ont pris dans l’ordre 72,6%, 65,9% et 60,9% sur les six premiers mois de l’année. Enfin, la manne des dividendes prend bien la relève des possibilités de plus-values à la cession. Cela est d’autant plus vrai que les sociétés cotées ont globalement maintenu des dividendes attractifs pour rassurer le marché. Dividendes qui font ressortir par ailleurs un rendement de l’action plus intéressant par l’effet de la chute des cours?
OPCVM ACTIONS :Entre 1,09% et 14,78% de performance pour un risque moins élevé que la Bourse
Les OPCVM (Organismes de placement collectif en valeurs mobilières) investis en actions ont immanquablement pâti de la méforme du marché boursier au premier semestre 2009. Sur la période, leurs valeurs liquidatives ont enregistré des progressions allant de 14,78% à 1,09% (contre une fourchette de variation comprise entre 4,1% et 25,3% à la même période de l’année dernière). Les taux de rendement avoisinant les 6% paraissent néanmoins être les plus répandus dans cette catégorie comme en témoigne la performance moyenne de tous les fonds, établie à 6,78%. Capital Gestion signe l’accroissement le plus élevé sur la période grâce à son fonds Emergence Equity Fund. Suivent Emergence Performance, du même gestionnaire, et FCP?Capital Immobilier, de BMCE Capital Gestion avec dans l’ordre des performances de 13,91 et 11,42%. Notons toutefois que ces deux fonds ont moins d’un an d’ancienneté.
OPCVM DIVERSIFIÉS :Rendement moyen de 6,04%, avec un pic de 18,84%
Rude semestre pour les OPCVM diversifiés qui ont fait face et à la morosité boursière et au contexte difficile du marché des taux. Leurs valeurs liquidatives ont affiché des performances comprises entre 18,84% et 0,35%. Leur performance moyenne en ressort à 6,04% (contre 7,4%?au premier semestre 2008).?Echaudés par cette baisse de rendement, les investisseurs ont déserté les fonds diversifiés. En lien direct, leur actif net global a connu une baisse prononcée de près de 25% depuis le début de l’année.
OPCVM OBLIGATIONS MLT :Des progressions allant jusqu’à 5,57%
Les OPCVM obligations moyen et long terme (OLMLT) ont réalisé des performances au 30 juin 2008 en recul par rapport à celles du premier semestre de l’année dernière. En effet, exclusion faite des fonds nouvellement créés, la meilleure progression enregistrée cette année est de 5,57%, contre près de 8% en 2008. Plus globalement, la performance moyenne de tous les fonds ressort à 3,45%. Dans le détail, 15 fonds obligations MLT sur les 41 que compte la place ont pu surperformer cette moyenne. A leur tête et en excluant toujours les nouveaux fonds créés, l’on retrouve CDG horizons géré par CDG?Capital Gestion (5,57%), CDG?Rendement du même gestionnaire (5,02%) et FCP Capital Terme géré par BMCE?Capital Gestion (4,87%). Ces réalisations en légère régression n’ont pas manqué d’impacter l’affluence des investisseurs sur les fonds OMLT.?En effet, au moment où le volume des actifs gérés par les fonds actions et monétaires ont crû respectivement de plus de 33% et de plus de 68% au premier semestre 2009, les fonds OMLT?se sont contentés, eux, d’une progression de tout juste 5,5%.
ASSURANCE-VIE :Des taux de rendement de l’ordre de 4% à 5%
S’étant montrées de tout temps peu enthousiastes à communiquer sur les taux de rendement de leurs contrats de capitalisation, les compagnies d’assurances manifestent d’autant plus de réticences à parler performance en ces temps de vaches maigres. C’est que les taux de rendement ont baissé. En effet, alors qu’au premier semestre 2008 l’ensemble des compagnies annonçaient des taux d’au moins 6%, les taux servis en 2009 sont plutôt de l’ordre de 4 à 5% nets de frais. La Marocaine Vie devrait par exemple servir des taux compris entre 4,2% et 4,5% pour l’ensemble de sa gamme de produits «vie et capitalisation». Pour rappel, ces taux répartissent les bénéfices réalisés par les assureurs sur leurs placements en 2008. De même ces taux comprennent outre la participation aux bénéfices réalisés sur les placements, une part incompressible dite Taux minimum garanti (TMG). Il s’agit d’un taux de rémunération garanti pour les produits d’assurance-vie «épargne». Ce taux peut être garanti pour un an ou pour toute la durée de l’adhésion, selon les conditions du contrat et le cadre règlementaire. Celui-ci imposait justement un minimum de 3% en 2008. Et c’est ce même plancher qui a été reconduit en 2009.
OPCVM MONETAIRES & OBLIGATIONS COURTE TERME :Jusqu'à 2,26% pour les fonds obligations CT
Le monétaire et l’obligataire court terme (CT) ont réalisé des performances en hausse par rapport au premier semestre 2008. En effet, avec des rendements compris entre 1,30% et 2,19% réalisés à fin juin 2009, les fonds monétaires repoussent plus loin leur performance maximale établie au 1er semestre 2008, à 1,86%. Idem pour les OPCVM?obligataires CT qui, d’une fourchette de performances de 1,02% à 1,71% sur les 6 premiers mois de 2008, affichent à présent des taux allant de 1,55% à 2,26%.
Bons de caisse & dépôts à terme :22 points de base de plus pour le 12 mois
A fin mai 2009 (derniers chiffres disponibles), les taux moyens des bons de caisse (BC) et des dépôts à terme (DAT) à six mois sont passés de 3,76% à 3,54%, soit une baisse de 22 points de base. Dans le même temps, les bons et dépôts à 12 mois ont gagné 22 points de base, à 4,05%.?Ces niveaux sont certes supérieurs aux taux minimums appliqués par les banques aux comptes sur carnet, mais les BC et DAT restent contraignants par leur faible liquidité et par les pénalités auxquelles ils donnent lieu pour toute sortie avant terme.
BONS DU TRESOR ET OBLIGATIONS :Baisse des rendements... et appréciation des anciennes obligations
Si 2008 a été une année de rupture avec la tendance haussière des rendements obligataires, le premier semestre 2009 a prolongé ce revirement et l’a même accentué. De fait, les taux d’intérêt se sont inscrits en baisse depuis janvier dernier, essentiellement ceux des maturités courtes et moyennes du marché secondaire. En effet, les 13, 26 et 52 semaines ont enregistré des baisses respectives de 46, 43 et 49 points de base (pb) pour s’établir à 3,28%, 3,33% et 3,36%. Les maturités intermédiaires (2 ans et 5 ans) ont reculé pour leur part de 46 pb pour se stabiliser à 3,48% et 3,73%. Les autres lignes ont, quant à elles, enregistré des replis de 46 pb sur le 10 ans (4,02%), de 49 pb sur le 15 ans (4,30%) et de 41 pb sur le 20 ans.?A noter que si la tendance générale à la baisse est défavorable, dans la mesure où les nouvelles obligations rapportent moins, elle est avantageuse pour les anciens titres qui voient leur valeur s’apprécier. Quant aux raisons de la tendance baissière, les opérateurs l’expliquent essentiellement par la décision de Bank Al-Maghrib (BAM) intervenue fin mars de baisser le taux directeur de 25 pb, le ramenant à 3,25%, tout autant que par la politique expansionniste de liquidités menée par la même banque centrale via les injections hebdomadaires, ce qui a favorisé la baisse des rendements obligataires. Cependant, après la baisse, les taux obligataires semblent s’oienter vers la consolidation. Dans le même temps, la maturité à 30 ans n’a pas suivi la même tendance baissière puisqu’elle s’est appréciée de 6 pb (4,51%). Cette augmentation est à lier au refus du Trésor de marquer à la hausse les rendements des maturités longues sur le marché primaire, ce qui s’est traduit par son absence sur cette partie de la courbe et par une raréfaction des titres à long terme sur le marché secondaire.
In fine, de l’avis de tous, la situation actuelle du marché de taux devrait rester inchangée pendant les 3 prochains mois.?De fait, les taux monétaires devraient continuer à évoluer à des niveaux proches du taux directeur de BAM (3,25%). S’agissant de taux obligataires, la demande sur les maturités courtes et moyennes devrait rester de mise sur le marché. Quant aux rendements obligataires, ils devraient rester stables jusqu’à la tenue de la prochaine réunion du conseil de BAM prévue en septembre.
Livret d'épargne nationale :Rémunération nette de 2%, la même qu'en 2008
Si 2008 a été une année de forte croissance pour le taux de rémunération de l’épargne gérée par Poste Maroc (Barid Al Maghrib), 2009 s’annonce, elle, comme l’année de la stagnation. En effet, le livret d’épargne y a vu sa rémunération être reconduite à 2%, soit le niveau de 2008. Un statut quo qui succède à un gain de 75 points de base engrangé de 2007 à 2008. Ce produit présente toujours des avantages malgré son taux de rémunération bas : accessibilité (dépôts à partir de 5 DH), gratuité totale des opérations, exonération des gains pour les personnes physiques, large couverture territoriale et garantie par l'Etat du remboursement des dépôts ainsi que du service des intérêts.
COMPTES SUR CARNET :19 points de base en plus par rapport à 2008, à 3,29%
Après avoir marqué un bond de rentabilité notable en 2008, le taux minimum appliqué par les banques aux comptes sur carnet affiche une croissance plus contenue au premier semestre 2009. Alors qu’il prenait 62 points de base à fin 2008 pour parvenir à 3,10%, il se contente en effet pour cette première moitié de l’année d’une hausse de 19 points de base qui l’établit à 3,29%. Un niveau de rentabilité appréciable puisqu’il se rapproche davantage des hauts niveaux de rémunération des années 2000. Rappelons? que le taux minimum est égal au taux moyen pondéré des bons du Trésor à 52 semaines, au cours du semestre précédent, diminué de 100 points de base. C’est cela même qui explique l’actuelle tendance à la hausse du taux minimum. En effet, le manque de liquidités sur le marché monétaire continue d’exercer une forte pression à la hausse sur les taux souverains à court terme, ce qui permet aux taux créditeurs indexés de s’apprécier.
Resume
Le premier semestre 2009 n'a pas été parmi les meilleurs pour les produits de placement. En effet, presque tous les véhicules d'investissement ont vu leur rentabilité régresser par rapport à la même période de 2008, et ceux qui en ont échappé auront tout juste réussi à maintenir le statu quo ou, au mieux, assurer une timide croissance.
Les actions sont particulièrement touchées. Elles n'arrivent pas, cette année, à creuser l'écart avec les autres produits de placement autant qu'à l'accoutumée. Le Masi, indice de toutes les valeurs, a affiché au cours du premier semestre 2009 une rentabilité moitié moindre qu'à la même période de 2008 : 5,50% actuellement contre 12% un an auparavant. Pire, jusqu'à aujourd'hui, aucune tendance claire ne s'est affirmée à la Bourse. Pour autant, il ne faut pas en conclure que l'investissement boursier a perdu son attrait. D'abord, parce que la correction amorcée en 2008 et qui a concerné le début 2009 a fait qu'actuellement le marché dans sa globalité est correctement valorisé. Ensuite, des opportunités d'investissement, notamment dans des valeurs sous-évaluées, existent. Par exemple, le titre CTM a crû de 72,6%. Enfin, la manne des dividendes au titre de l'exercice 2008, bien qu'en hausse contenue à 2,7%, prend bien la relève des possibilités de plus-values à la cession. Attractif, le marché boursier le demeure donc, mais à condition d'adopter une stratégie sélective en favorisant les valeurs non cycliques et de rendement.
S'agissant des taux, le premier semestre 2009 a vu se prolonger le revirement amorcé en 2008. De fait, les taux d'intérêt se sont inscrits en baisse depuis janvier dernier, essentiellement pour les maturités courtes et moyennes du marché secondaire. A noter que si la tendance générale à la baisse a été défavorable (dans la mesure où les nouvelles obligations rapportent moins), elle est avantageuse pour les anciens titres qui voient leur valeur s'apprécier. Cela étant, et après les séries de baisses enregistrées depuis le début de l'année, les taux obligataires tout comme ceux monétaires entament une phase de consolidation. Il en ressort que les rendements obligataires devraient rester stables jusqu'à la tenue de la prochaine réunion du conseil de Bank Al-Maghrib prévue pour septembre prochain, la dernière en date (tenue en juin) ayant maintenu la situation inchangée sur le marché de taux.
Immanquablement, la petite santé des marchés boursiers et de taux s'est transmise aux différentes catégories d'OPCVM (Organismes de placement collectif en valeurs mobilières). En rapprochant les 1er semestres 2008/ 2009, les fonds actions, obligations moyen et long terme et diversifiés voient leur performance moyenne chuter par rapport à 2008, alors que les OPCVM monétaires et obligations court terme font exception. Les produits d'assurance-vie, dès lors, accusent également le coup. Alors que leurs taux de rendement s'annonçaient d'au moins 6% en 2008, ils devraient à présent avoisiner les 4 à 5%. Par ailleurs, les rentabilités du livret d'épargne nationale et des comptes sur carnet font ressortir une stagnation pour le premier à 2% et, pour le second, une hausse de 19 points de base, à 3,29%. Enfin, les bons de caisse et les dépôts à terme ont vu leur taux moyen augmenter de 22 points de base sur 12 mois et chuter de 22 pb sur 6 mois.
En conclusion, les OPCVM actions et diversifiés restent les instruments qui, à l'heure actuelle, continuent d'offrir les meilleurs rendements. Cela dit, nous ne le répéterons jamais assez : ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier.